Les raisons d’investir dans l’immobilier même en période de crise

Étrange paradoxe : alors que l’incertitude règne et que les marchés tanguent, la pierre continue de séduire les investisseurs en quête de stabilité. Là où l’instabilité financière fait vaciller les repères, beaucoup voient dans l’immobilier une alternative solide pour préserver leur patrimoine.

Quels sont les effets des différentes crises sur l’immobilier ?

La pierre n’est jamais totalement à l’abri des tempêtes. Les années 90, puis 2008, l’ont démontré : le marché du logement a connu des chutes marquées, avant de retrouver son souffle. En 2011, pourtant, le secteur a étonnamment résisté. La leçon ? Même l’immobilier peut tanguer, mais il sait aussi rebondir.

Lire également : Fiscalité de l'héritage immobilier en France : mode de calcul et taux appliqués

L’immobilier : un refuge pour préserver son patrimoine ?

Investir dans la pierre, c’est miser sur un actif tangible, moins sujet aux montagnes russes que la Bourse. L’immobilier attire pour cette raison, surtout en période de crise : il offre une certaine stabilité et permet de bâtir des stratégies d’investissement sur le long terme. Quand la demande recule, les prix dans les zones tendues pourraient s’ajuster à la baisse, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour qui sait regarder au bon endroit.

Sur le temps long, la pierre reste une option fiable pour protéger ses avoirs. Posséder un bien, c’est garder la main sur un actif concret, qui ne disparaît pas si une entreprise s’effondre, à la différence des placements en actions ou obligations. Les loyers, eux, continuent d’arriver même lorsque le contexte se tend.

A lire également : Les meilleures opportunités d'investissement immobilier en 2020

Lisez également notre article : Comment investir dans l’immobilier irréel en temps de crise ?

Actuellement, investir dans l’immobilier sans plan précis relève de la prise de risque. Il devient impératif de réfléchir à des stratégies adaptées à la conjoncture : privilégier la prudence, viser la construction d’un patrimoine à l’abri des secousses.

Voir aussi notre article Investir votre argent : quels placements choisir en fonction de votre goût de risque ? Stratégies d’investissement et investissements immobiliers à adopter en cas de marché baissier

Dans un marché en baisse, la logique voudrait d’ailleurs que l’on profite de prix plus accessibles et d’une concurrence moins agressive. Mais tout repose sur le choix de la bonne stratégie.

Investir dans la SCPI pour diversifier ses placements

L’investissement indirect via les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) offre la possibilité d’investir dans un parc immobilier diversifié, tant sur le plan géographique que sectoriel. Les risques sont répartis : de nombreux locataires, des baux longs (jusqu’à 8 ans), et la gestion locative est entièrement prise en charge par une société spécialisée. Même avec les demandes de reports de loyers des locataires, la plupart des SCPI ont anticipé la situation et limitent l’impact sur la rentabilité annuelle.

Deux possibilités s’offrent à vous : acquérir des parts de SCPI en pleine propriété ou opter pour le démembrement temporaire, qui consiste à acheter uniquement la nue-propriété des parts. Dans ce cas, on bénéficie d’un prix d’achat réduit (pour une durée de 5 à 15 ans), avant de récupérer la pleine propriété et les revenus locatifs à l’issue de la période.

Découvrez aussi notre article SCPI Eurion : le nouveau SCPI pour votre investissement à l’étranger Investir dans la nouvelle propriété nue ou la loi Pinel

Autre piste : l’immobilier direct avec l’acquisition d’une propriété neuve en nue-propriété. L’acheteur profite d’une remise à l’achat (parfois entre 30 et 40 %) en échange de l’abandon temporaire de l’usufruit, souvent pour 15 à 17 ans. À l’issue du démembrement, vous retrouvez la pleine propriété : libre à vous alors de louer, vendre ou habiter le bien.

La loi Pinel constitue également une option à considérer, avec la possibilité d’investir dans le neuf tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt sur le revenu (de 12 à 18 %). Le dispositif implique des loyers modérés et une durée d’engagement de 6 à 9 ans, renouvelable 3 ans, ce qui limite le risque de rotation excessive des locataires. Même en cas de vacance locative, l’avantage fiscal vient soutenir la trésorerie.

Investir dans l’immobilier ancien

Acquérir un bien dans l’ancien peut aussi se révéler judicieux, surtout dans les zones où la qualité du patrimoine est reconnue : Paris, grandes villes de province, quartiers prisés proches des transports ou commerces. Miser sur des emplacements stratégiques et des locataires stables, familles, notamment, reste une valeur sûre.

Lire aussi notre article Shopping in Paris : devrions-nous investir dans la capitale ? Immobilier : Les investissements à éviter en cas de crise

D’autres options, en revanche, méritent d’être écartées dans la période actuelle.

Location meublée classique : prudence requise

La location meublée traditionnelle, particulièrement dans des secteurs où la demande s’affaiblit, s’avère plus risquée. Les baux courts (souvent un an ou moins) multiplient les changements de locataires et augmentent la probabilité de vacance prolongée.

Location saisonnière : à éviter en temps de crise

Le marché des locations saisonnières, type Airbnb, subit de plein fouet les restrictions de déplacements et l’incertitude sur la reprise du tourisme. Difficile, dans ces conditions, de compter sur des revenus réguliers.

Résidences touristiques : vigilance de mise

Les résidences de tourisme sont particulièrement exposées, avec des suspensions de loyers qui se sont multipliées au premier trimestre 2020. À l’inverse, les résidences étudiantes, EHPAD ou pour seniors apparaissent plus résilientes, grâce à leur public et à des besoins stables.

Reste une constante : le choix de l’emplacement et la qualité du bien font toute la différence. Avant de se lancer, échanger avec un conseiller en gestion de patrimoine peut permettre d’affiner sa stratégie et d’identifier les options réellement adaptées à sa situation.

Pour illustrer les types de stratégies à privilégier ou à éviter, voici quelques points clés à retenir :

  • Privilégier la diversification des actifs (SCPI, démembrement, Pinel, ancien bien situé)
  • Éviter les placements exposés à la vacance locative (meublés classiques, locations saisonnières, résidences touristiques)
  • Analyser chaque projet au regard du contexte local et de la stabilité des locataires potentiels

Toutes nos informations sont, par nature, génériques. Elles ne tiennent pas compte de votre situation personnelle et ne doivent pas être interprétées comme un conseil individualisé ou une incitation à acheter ou vendre des instruments financiers.

Autre piste : investir dans le vin

Parfois, miser sur un secteur inattendu ouvre de nouveaux horizons. Certains choisissent d’investir dans le vin pour diversifier leur patrimoine et s’ouvrir à un univers passionnant, où la rentabilité se conjugue avec le plaisir et la découverte. Ce placement, en plus d’être potentiellement lucratif, favorise aussi le soutien aux vignerons et à la valorisation des terroirs. Le vin, en vieillissant, prend de la valeur : c’est un investissement à long terme, avec sa propre dynamique. L’offre se raréfie, les prix montent, et ceux qui se lancent dans l’aventure viticole peuvent y trouver leur compte.

Quel vin prend de la valeur ?

Avant d’investir, il s’agit de bien comprendre le marché. Repérer les tendances, suivre l’évolution des prix, s’informer sur les domaines qui montent : tout cela permet de diversifier ses investissements et de viser juste. La progression rapide des vins écologiques ne passe pas inaperçue. La demande pour des vins respectueux de l’environnement et de la santé s’amplifie, notamment en France, aux États-Unis et au Japon. En Bourgogne, le Domaine des Comtes Lafon s’impose, tandis qu’en vallée du Rhône, le Château de Beaucastel tire son épingle du jeu parmi les valeurs sûres des vins bios.

Comment investir dans le vin en ligne ?

Pour ceux qui hésitent à franchir le pas, internet offre une porte d’entrée accessible et efficace. Il est possible de se constituer une cave en achetant directement auprès de producteurs ou de cavistes, puis de revendre les bouteilles au moment où la cote grimpe. Des sites spécialisés accompagnent les investisseurs à chaque étape, de l’estimation à la revente, en passant par la détection des opportunités du marché. Cavissima, par exemple, propose un accompagnement complet pour sécuriser ses placements dans l’univers viticole.

Les marchés vacillent, la pierre se discute, le vin se bonifie. Reste à chacun d’écrire sa propre stratégie, entre sécurité, goût du risque et envie d’aventure. À la croisée de la raison et de la passion, l’investissement prend alors tout son sens.