Quelle est la fiscalité d’une assurance vie hors rachat et succession ?

Quelle est la fiscalité d’une assurance vie hors rachat et succession ?

Vous avez souscrit à un contrat d’assurance-vie français et envisagez maintenant d’expatrier ou d’expatrier vous envisagez d’acheter un tel contrat ; vous serez alors soumis à un régime fiscal différent de celui applicable aux résidents français et plutôt avantageux.

Nota : Les règles énoncées ci-dessous sont celles qui s’appliquent aux contrats d’assurance-vie conclus le 26 septembre 1997 ou après cette date.

A voir aussi : La gestion de patrimoine immobilier : ce qu’il faut savoir

Résumé :

  • Abonnement gratuit et restrictions pour les non-résidents ou les expatriés
  • Imposition des intérêts pour un non-résident
  • Imposition en cas de rachat partiel ou total pour un non-résident
  • Imposition en cas de décès du non-résident
  • Exemption d’assurance-vie et de FSI pour le non-résident

Pour une présentation du régime applicable aux contrats d’assurance vie français signés par un résident fiscal français, voir notre article : Impôt sur l’assurance-vie

Lire également : Quels sont les avantages qu'offre le BTC ?

Abonnement gratuit et restrictions pour non-résidents ou expatriés

  • Le principe est celui de abonnement gratuit un contrat d’assurance vie français conclu par un expatrié ou un non-résident. Néanmoins, certaines institutions financières appliquent restrictions selon le pays de résidence de l’expatrié (restrictions générales ou seulement pour certains types de contrats d’assurance vie)
  • Ces restrictions pourraient être renforcées, notamment en ce qui concerne les « personnes américaines » à la suite de l’entrée en vigueur du Loi FATCA 2014 (« Loi sur l’observation fiscale des comptes étrangers »)

Pour plus d’informations sur la loi FATCA : cliquez ici.

Imposition des intérêts pour un non-résident

Il convient de consulter la convention fiscale conclue entre la France et l’État de votre résidence (si un tel accord a été signé).

En général, les conventions prévoient que :

  • Tant que le abonné ne fait aucun rachat, les intérêts gagnés annuellement ne sont pas assujettis à pas d’imposition en France  : l’imposition n’a lieu que dans l’année de résiliation du contrat ou de son rachat partiel
  • Néanmoins, il appartient à la personne concernée de consulter la législation de l’État de résidence pour s’assurer qu’aucune taxe n’est due sur ces produits . Certaines lois, comme aux États-Unis, appliquent une imposition constante des intérêts d’investissement : elles sont considérées comme des revenus par l’IRS (Internal Revenue Service)

Imposition en cas de rachat partiel ou total pour un non-résident

Vous devez consulter la convention fiscale conclue entre la France et l’État de votre résidence (si un tel accord a été signé).

En général, les conventions prévoient que :

  • Le produit de l’achat de contrats d’assurance-vie est imposé dans la État de résidence du preneur d’assurance.
  • Toutefois, la France, État d’origine, conserve un droit fiscal par le biais du prélèvement à la source. Le taux du prélèvement à la source peut résulter de l’application de la législation française ou de la convention fiscale conclue entre les deux Etats : les taux diffèrent.
  • Enfin, la double imposition est abolie par l’État de résidence en accordant au souscripteur un crédit d’impôt à réclamer sur l’impôt payable dans cet État.

Prélèvement forfaitaire prévu par la loi français

Au moment du rachat, le produit versé aux non-résidents est obligatoirement soumis au prélèvement forfaitaire (article 125 0 A II bis CGI). Contrairement aux résidents, ils ne bénéficient pas de l’option entre le prélèvement forfaitaire et l’intégration des intérêts dans leur revenu avec imposition avec impôt sur le revenu selon le barème progressif.

Tableau récapitulatif des taux de prélèvement applicables aux non-résidents :

Durée du contrat Taux applicable
Moins de 4 ans 35%
Entre 4 et 8 ans 15%
Plus de 8 ans 7,5%
ATTENTION ! ! Quelle que soit la durée, si l’assuré est domicilié dans un ETNC* 75%

* : ETNC = État ou territoire non coopératif

Ainsi, les taux du prélèvement forfaitaire applicable aux non-résidents sont identiques à ceux applicables aux résidents français, mais il existe deux différences importantes :

  • Le les non-résidents ne bénéficient pas de l’allocation annuelle dont les résidents bénéficient en cas de rachat ou de règlement après huit ans (4600€ pour une personne seule ou 9 200€ pour un couple imposé conjointement)
  • Pour résidents de l’ETNC, le taux de prélèvement est fixé à 75% , quelle que soit la durée du contrat d’assurance-vie

Convention fiscale réduite

Lorsqu’une convention fiscale a été conclue entre la France et l’État de résidence du preneur d’assurance, celui-ci peut demander l’application de l’imposition la plus avantageuse entre celle prévue par le droit français et celle prévue par la convention.

Les conventions fiscales excluent l’application de l’IMC et prévoient généralement :

  • A réduction de l’impôt  : un prélèvement à la source souvent compris entre 10 et 15 %, ou
  • A exemption totale  : le droit exclusif à l’impôt est accordé à l’État de résidence du bénéficiaire, c’est-à-dire pas d’imposition en France

À titre d’exemple :

  • Retenue à la source de 10 % pour les résidents d’Espagne ou d’Italie
  • Retenue à la source de 15 % pour les résidents de Belgique
  • Aucune retenue d’impôt n’est faite sur les rachats effectués par des résidents du Royaume-Uni ou des États-Unis

Afin de bénéficier de la application des dispositions du traité, l’abonné doit prouver sa résidence fiscale non française au moyen d’un certificat délivré par son pays de résidence et d’un certificat d’honneur. En l’absence de fournir les documents requis, les taux de déductions prévus par la loi française seront appliqués.

Exonération des prélèvements sociaux

L’expatrié ou le non-résident bénéficie d’une exonération des prélèvements sociaux sur le produit du rachat des contrats d’assurance-vie français, à condition qu’il justifie le statut de non-résident au moment du rachat.

Imposition en cas de décès du non-résident

Le régime fiscal du capital transféré dépend de l’âge du souscripteur à la date de paiement des primes :

  • Primes payées avant le 70e anniversaire de l’assuré  : le échantillonnage spécifique de l’article 990 I de la CGI peut s’appliquer.

Cette taxe s’applique en deux situations :

  • Le bénéficiaire a, au moment de son décès, son domicile fiscal en France au sens de l’article 4B de la CGI et qu’il a été détenu pendant au moins six ans au cours des dix années précédant le décès,
  • Au moment du décès, l’assuré a son domicile fiscal en France.

Le lieu de résidence de l’abonné le jour de l’adhésion au contrat est maintenant sans impact sur le régime fiscal du contrat d’assurance-vie, seulement le lieu de résidence au moment du décès.

  • Primes payées après le 70e anniversaire de l’assuré  : le droits de succession de l’article 757 B des CGV sont censées s’appliquer.
Résidence en France de l’assuré au moment du décès Résidence en France du bénéficiaire au moment du décès et au cours des six des dix années précédant le décès Système fiscal
Primes payées avant le 70° anniversaire de l’assuré NON NON EXONÉRATION
NON OUI PRÉLÈVEMENT FORFAITAIRE :

  • Réduction de 152 000€, puis
  • Prélèvement de 20 % sur la fraction comprise entre 152 000 et 700 000 euros, et
  • Prélèvement de 31,25 % pour la fraction excédant 700 000€

MAIS L’EXEMPTION si le bénéficiaire est exonéré de l’impôt sur les successions (conjoint ou partenaire du défunt, ou frères et sœurs soumis à certaines conditions).

OUI NON
OUI OUI
Primes payées après le 70e anniversaire de l’assuré Le lieu de résidence de l’assuré et du bénéficiaire est désintéressé  : En droit français, la France jouit du droit d’impôt tant que l’assurance-vie constitue une garantie française. Néanmoins, les conventions fiscales conclues par la France en matière de droit successoral peuvent prévoir pour différentes règles fiscales (en règle générale : exonération en France et imposition dans l’État de résidence). IMPÔT SUR LES SUCCESSIONS sur la fraction de primes excédant 30 500€ MAIS EXEMPTION si le bénéficiaire est exonéré de l’impôt sur les successions (conjoint ou conjoint du défunt, ou frères et sœurs soumis à des conditions) OU EXONÉRATION par l’application de la convention fiscale et l’imposition dans l’État de résidence du défunt

Nota : Les règles ci-dessus ne s’appliquent qu’aux contrats d’assurance-vie conclus à compter du 20 novembre 1991 et aux primes payées à compter du 13 octobre 1998. N’hésitez pas à nous consulter pour plus de détails sur les contrats non traités dans cet article.

Assurance-vie et exonération des FSI pour les non-résidents

  • Les assurances vie souscrites à des sociétés établies en France sont exemptées de ISF en France tant que l’abonné réside à l’étranger (article 885 L de la CGI).
  • Toutefois, c’est à l’expatrié de consulter la législation applicable dans l’État de résidence pour déterminer si la valeur de rachat du contrat fait partie de l’assiette fiscale de la SFI (ou de l’impôt équivalent) selon les règles propres à cet État

Sommaire des prestations d’assurance-vie

L’assurance-vie demeure un produit financier avantageux sur le plan fiscal pour les expatriés et les non-résidents. Gardez toutefois à l’esprit qu’il est nécessaire de vous poser des questions sur l’imposition applicable dans votre État de résidence.

Fiscalité des intérêts produits Exonération totale
Fiscalité des rachats Prélèvement forfaitaire réduit ou même exonération grâce à des conventions fiscales internationales
Exonération des prélèvements sociaux
Fiscalité en cas de décès Primes payées avant le 70e anniversaire de l’assuré : prélèvements forfaitaires ou exonérations selon le le lieu de résidence des personnes concernées et/ou le statut du bénéficiaire.
Primes payées après le 70e anniversaire de l’assuré : impôt sur les successions (ou exonération selon le statut du bénéficiaire) ou exonération par convention fiscale
Impôt sur la Total exonéré

Articles similaires

Lire aussi x

Show Buttons
Hide Buttons