Quel est le terme désignant une période de baisse de la production ?

Quel est le terme désignant une période de baisse de la production ?

Tweet Rapports mal présentés et rififi parmi les économistes. Telle est l’actualité du débat récurrent sur la production d’électricité soumise aux impératifs climatiques. Tellement décarbonisé. Un débat qui pourrait être intéressant s’il était bien posé. Et c’est souvent très mauvais, avec une confusion générale sur les calendriers, les espaces concernés (le monde, la France, l’Europe), les technologies avec leurs capacités de production et leurs coûts, et les ressources naturelles. Les postures anti-ENR et antinucléaire ont pour principal résultat d’empêcher les citoyens de saisir les véritables enjeux du débat. C’est dommage. Mais voici quelques clés pour vous y trouver.

1- L’impératif climatique n’est pas pour le saint glinglin

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Il est déjà très tard. Aucun climatologue ne vous dira que l’objectif de dépasser le moins possible un changement mesuré par une augmentation de 1,5°C de la température moyenne de la planète est réalisable. Il est inscrit dans l’Accord de Paris… pour permettre une base juridique et morale pour la demande d’indemnisation des pays pauvres envers les pays riches pour les dommages causés par le changement climatique à ce niveau. Nous sommes déjà à 1,2 °C plus élevé que le préindustriel, arriver à 1,5 °C est inévitable à court terme. L’objectif de 2°C ? Elle est encore techniquement réalisable. Mais il présuppose des transformations révolutionnaires dans l’économie, la technologie, l’organisation sociale, les relations internationales et la culture. Donc… ce sera très difficile à atteindre. De plus, les promesses faites lors de l’Accord de Paris (2015) nous ont mis sur la voie de 3°C… si elles sont tenues.

Conclusion : les débats sur les systèmes électriques doivent se concentrer sur la décarbonisation maximale dans la mesure du possible, maintenir les systèmes déjà décarbonisés, engager les investissements massifs nécessaires. La décarbonisation des systèmes électriques — qui dépendent du charbon et du gaz à l’échelle mondiale — est impérative pour tout climat politique.

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La production mondiale d’électricité est dominée par le charbon (près de 40 %) et le gaz fossile (plus de 23 %), et une source massive de CO2. Mais il y a un deuxième impératif : la production d’électricité décarbonisée doit augmenter considérablement au niveau mondial. Fournir de l’électricité à des centaines de millions de personnes sans électricité, augmenter leur consommation dans de nombreux pays pauvres et remplacer les combustibles fossiles dans de nombreux usages : transport, contrôle thermique des bâtiments, procédés industriels. Ce n’est pas un électrophile, ni un slogan du lobby industriel de l’électricité, tel est ce que dit le Groupe 3 du GIEC dans ses études sur les moyens de limiter les ruptures climatiques. Le Parlement français et le gouvernement français ont inclus dans la Stratégie nationale à faible teneur en carbone (SNBC) une augmentation de la part de l’électricité dans l’énergie totale consommée en France de 25% à 50% pour 2050.

C’est aussi ce que le rapport RTE est mal présenté pour dire qu’il est possible, bon marché ou facile de se passer de l’énergie nucléaire pour le système électrique français d’ici 2050, ce qui prévoit par exemple que 100 % des voitures sont électriques d’ici 2040, ainsi que 80 % des véhicules utilitaires légers et 30 % des gros camions d’ici 2050. Ou que le contrôle thermique des bâtiments, aujourd’hui principalement au gaz, devient électrique pour 60% des locaux commerciaux et 45% des résidences. La décarbonisation implique donc une augmentation de la production d’électricité et non une diminution, comme cela pourrait être avancé par d’autres projections ou simulations de systèmes électriques pour 2050.

Figure du rapport RTE-AIE montrant que l’objectif est d’augmenter la consommation d’électricité, en pourcentage du total et du volume, d’ici 2050. Il convient de noter que l’objectif climatique de la décarbonisation dépend fortement de la capacité de réduire considérablement la consommation totale d’énergie, un objectif très ambitieux de rester poli. Une vision globale historique de l’énergie fossile CO2 permet de sensibiliser le public au rôle économique de ces énergies, mais aussi à l’énorme poids de la production de charbon, de gaz et d’électricité à base de pétrole dans cette évolution :

En jaune sur ce graphique, les émissions mondiales de CO2 provenant des centrales au charbon, au gaz et au pétrole de 1970 à 2019. Selon le GIEC, il est nécessaire de décarboniser 90 % de cette production, tout en lui permettant de remplacer de nombreuses utilisations des combustibles fossiles pour réduire les émissions totales. La décarbonisation des systèmes électriques est basée sur la production de charbon, de gaz et de pétrole, qui doivent être remplacés par l’énergie renouvelable (ENR) et l’énergie nucléaire. Les deux ont des avantages et des inconvénients, des ressources, techniques, environnementales et économiques qui dépendent des conditions locales. L’une des caractéristiques qui différencient ces deux catégories d’électricité décarbonisée est que certains ENR, en particulier l’énergie éolienne et solaire, sont intermittents, dépendent de la météo et de l’heure de la journée alors que l’énergie nucléaire fait partie des sources contrôlables. Cela signifie que l’intermittence de la première doit être compensée sans recourir à des sources de carbone.

Sinon, nous pouvons voir ce qui est visible dans le court métrage ci-dessous montrant les émissions de CO2 par kWh d’électricité consommée par les pays européens du 1er janvier au 31 décembre 2020. Avec un pas de temps de 15 minutes. (Les méthodes sont expliquées ici). Les seuls pays qui restent verts toute l’année, atteignant ainsi le seuil de décarbonisation compatible avec les objectifs clilmatiques, sont la Norvège, la Suède et la France. La Norvège y parvient avec une production presque entièrement hydraulique. Suède et France avec un mélange nucléaire, hydraulique, éolien/solaire/biomasse où les deux premiers sont majoritaires. Aucun autre pays ne réussit, même l’Allemagne qui a déjà dépensé un minimum de 300 milliards d’euros pour installer l’énergie éolienne et solaire.

2- À l’échelle mondiale ENR et nucléaire s’opposent-ils ?

Non. L’investissement mondial dans ces deux moyens de production décarbonisée augmente simultanément. Ils sont rarement décidés dans une approche pour exclure l’un par l’autre, mais cela existe.

L’exemple le plus frappant en est la Chine, puisque la Chine est à la fois le plus grand investisseur mondial dans l’énergie éolienne, solaire et nucléaire. En 2019, la production d’électricité décarbonisée chinoise a atteint près de 2380 TWh sur un total de 7326 TWh. Elle a augmenté pour tous les moyens utilisés (hydraulique 5,7%, nucléaire 18,2%, énergie éolienne 10,8%, solaire 26,4%). Ce qui est heureux parce que chaque panneau solaire ou éolienne installé, comme chaque réacteur nucléaire mis en place, a le potentiel de réduire la production d’électricité à base de charbon qui domine encore le mix chinois. Les projets chinois doivent continuer à investir massivement dans tous ces moyens décarbonisés, en particulier pour l’énergie nucléaire, avec 12 réacteurs en construction qui seront ajoutés aux 50 en service, et un objectif de 150 GW de l’énergie nucléaire installée en 2035.

Mais il y a des cas où l’ENR et le nucléaire peuvent être un choix alternatif. Par « chance » d’abord. C’est le cas des systèmes électriques qui peuvent fonctionner en utilisant principalement l’énergie hydraulique. La Norvège, champion du monde de la consommation d’électricité par habitant avec 24 000 kWh, en est l’exemple le plus évident (très peu coûteux et abondant, l’électricité hydraulique norvégienne permet une industrie lourde, électro-intensive, à faible émission et stimulant l’arrivée des voitures électriques). D’autres pays ont cet avantage naturel : la province canadienne du Québec, le Costa Rica, le Brésil, la Suisse… Dans ces pays, la base hydraulique de production peut être suffisamment puissante pour rendre l’option nucléaire inutile, ou alternative à la possibilité de la compléter par d’autres moyens décarbonisés (éolienne, solaire, biomasse, déchets, énergie géothermique…).

Mais le choix alternatif peut découler d’une volonté de ne pas utiliser l’énergie nucléaire, ou l’incapacité de l’utiliser – les deux situations existent dans de nombreux pays. Les amateurs de technologies renouvelables, en particulier leurs volets éoliens et solaires, ne devraient donc pas s’inquiéter : ils ne peuvent se déployer qu’à grande échelle. Et même apporter la majeure partie du jus dans de nombreux pays… ou cela signifierait que le charbon et le gaz continuent d’être fortement utilisés pour produire de l’électricité et donc changer le climat. Où se pose le problème ? Lorsque les ressources naturelles dans l’hydraulique, le vent et le soleil rendent très difficile la construction d’un système électrique suffisamment puissant pour répondre aux besoins et résistant aux dangers météorologiques qui varient considérablement la production.

3 Y a-t-il « le droit » d’être contre une source d’électricité décarbonisée ?

Oui. Si c’est inutile. Incapable de fournir l’électricité nécessaire. Trop dangereux. Trop de facteur de dépendance des fournisseurs étrangers. Trop polluant… tout cela est raisonnable et dépend des conditions locales et locales désignant un système de production d’électricité et non d’un seul équipement de production. HATH condition d’avoir une alternative.

Ou non. Si vous êtes français et opposé à toute utilisation nucléaire parce que vous croyez qu’un accident avec une radioactivité massive est inévitable (une opinion que je ne partage pas mais que je respecte), alors vous n’avez pas le « droit » de vous opposer à tout projet d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques. Parce qu’il faut tellement pour remplacer l’électricité nucléaire, et votre argument selon lequel vous devez le faire de toute urgence (parce que si vous affirmez que nous pouvons le faire lentement pour limiter les coûts de votre option, c’est incompatible avec votre conviction), que vous devez accepter de dépenser des centaines de milliards d’euros au cours des 15 prochaines années pour faire ce remplacement. Et donc pour multiplier tous les projets éoliens et solaires existants, ajouter des investissements massifs d’énergie et de stockage de l’électricité technologies dont nécessaire démonstration à l’échelle n’existe pas encore, et croyez fort que le fer que l’ensemble de l’économie sera décarbonisé avec une production d’électricité réduite. N’est-ce pas sympa comme présentation de l’option sans nucléaire ? Vrai. Mais c’est le prix de sa consistance.

4- Y a-t-il un « droit » d’être contre l’utilisation de l’énergie nucléaire pour l’électricité ? Indépendamment des détails des scénarios, pour atteindre la production d’électricité prévue par RTE en 2050, il est nécessaire de multiplier par dix les capacités installées en énergie solaire et éolienne, entre 230 GW et près de 300 GW, alors que l’énergie nucléaire fournit environ 70% de l’électricité actuelle avec seulement environ 60 GW.

Oui. Mais à condition d’utiliser des arguments respectables. Qui ne sont pas nécessairement ceux qui pensent à des gens qui sont « contre ».

Si vous êtes suisse, espagnol, belge, finlandais, hongrois ou britannique, vous pouvez considérez que sans, ou plus, une industrie capable de construire des réacteurs nucléaires ou de les alimenter, vous niez une dépendance totale à l’égard des fournisseurs étrangers. C’est un argument respectable pour vous qui, bien sûr, a pesé dans leurs décisions de ne pas renouveler leurs centrales nucléaires. Mais il est possible de conclure inversement, comme les Finlandais, les Britanniques ou les Hongrois (et la Turquie, les Émirats arabes unis, le Bangladesh, le Pakistan) qui ont commandé des réacteurs nucléaires et leurs combustibles auprès de fournisseurs étrangers.

L’opinion selon laquelle l’option nucléaire conduit inévitablement à un accident avec une propagation massive de la radioactivité est évidemment une raison respectable de refuser cette solution. Cette opinion peut être basée sur l’expérience (Tchernobyl, Fukushima). L’opinion opposée est également basée sur l’expérience… Tchernobyl et Fukushima, mais aussi Three Miles Island (accident majeur sans propagation de la radioactivité en 1979 aux États-Unis), près de 150 réacteurs ont fonctionné et arrêté en fin de vie. Les 443 actuellement en fonctionnement, dont environ 100 depuis plus de 40 ans. Ces deux opinions sont respectables et tout aussi indéniables. Par exemple, la première opinion indique que l’Autorité de sûreté nucléaire n’est pas digne de confiance, la seconde est contraire, et que la NSA arrêtera toute installation jugée dangereuse, même si elle est très coûteuse.

5- Est-il démontré que la France peut être alimentée d’ici 2050 en électricité décarbonisée sans nucléaire  ?

Non. Les militants politiques opposés à l’énergie nucléaire affirment que le dernier rapport de RTE sur le sujet le prouve. Ce n’est pas vrai (et il est tout à fait comique de voir des militants anti-nucléaires acclamer un rapport selon lequel « la durée de vie de ces centrales nucléaires est estimée à 60 ans », soit 20 ans de plus que les 40 ans considérés comme une limite absolue par ces militants). Comme le souligne le président du RTE Xavier Piechaczyk : « Pour aller vers un avec des parts très élevées d’ENR variable, bien qu’il n’y ait pas de barrières techniques impraticables a priori, il faut examiner les faits scientifiques, techniques et industriels : il y a beaucoup de problèmes à résoudre. »

En résumé, le rapport énumère quatre conditions à remplir pour qu’un pourcentage très élevé d’ENRI (Intermittent I) ne soit pas incompatible avec la qualité et la quantité d’électricité requise : compensation de la variabilité de l’ENR, maintien de la stabilité du réseau, reconstitution des réserves et marges d’approvisionnement, un important développement du réseau. Pour le moment, ces quatre conditions n’existent nulle part ensemble pour un pays de la taille de la France. Les technologies qui permettraient l’accès aux conditions 1, 2 et 3 n’ont pas été démontrées à cette échelle pour le cas français. Quant à leurs coûts, ils ne sont pas estimés dans le rapport, mais seraient évidemment élevés.

Sur ces coûts, le ratio est presque silencieux. Il déclare dans son introduction que « l’évaluation économique de ces différentes conditions dépasse le champ d’application du présent rapport ». La seule indication donnée par le rapport sur l’évaluation de ces coûts devrait donner des bourgeons aux militants solaires et éoliens, car il démolit leur argument comptable préféré : le LCOE. En d’autres termes (c’est un acronyme en anglais) le coût moyen de l’électricité par la technologie. Voyez comment le coût de fabrication des éoliennes et surtout des panneaux solaires s’effrite ! , ils sont excités à propos de. Cependant, le rapport met en garde, le LCOE n’est pas en mesure de comptabiliser « tous les coûts associés à une part élevée d’ENR, y compris ceux liés au stockage, à la flexibilité de la demande et au développement du réseau. L’analyse montre que ce type de coûts pourrait être important après 2035. » Pourquoi 2035 ? Parce que cette date correspond à un objectif de 40 % ENR dans le mix électrique. Une belle façon de souligner que de vrais gros problèmes commencent là.

Démontrer n’est pas de simuler sur l’ordinateur un système électrique dont les composants n’ont pas encore une existence d’échelle nécessaire. Démontrer est la fabrication de ces composants à cette échelle, vérifier leur fonctionnement, prouvant que l’ensemble du système est capable de fournir l’électricité requise et résilient aux aléas du climat futur. Restera ensuite à évaluer l’intérêt économique ou financier, à peser les inconvénients et les avantages des options alternatives et à tracer la voie qui y mène sans échapper aux coûts.

6- À quoi servent les simulations de systèmes électriques ?

Plusieurs équipes d’économistes de l’énergie ont déjà publié des articles scientifiques qui se réfèrent à des simulations de systèmes électriques 100% décarbonisés, avec ou sans nucléaire, face aux caprices du temps. Ces exercices ont souvent été présentés comme « prouvant » que de tels systèmes sont non seulement techniquement possibles mais, en outre, bon marché, ou du moins pas plus que des systèmes dotés d’un composante nucléaire.

Mais ces exercices visent à comparer les coûts entre des systèmes qui sont imposés à un État (tant de GW éolienne, solaire, hydraulique, etc.) et dont la trajectoire de construction n’est pas décrite à partir de celle existante. Les capacités des moyens de production ou de stockage simulés et leurs coûts sont donc des hypothèses initiales — décidées par les auteurs des simulations — et non des résultats. Ces hypothèses sont ancrées dans les réalités industrielles existantes, mais elles impliquent nécessairement une partie plus ou moins importante de la spéculation sur un avenir éloigné de plusieurs décennies. Présenter ces spéculations comme des résultats n’est pas correct.

Comme le souligne le rapport RTE, « l’analyse doit également couvrir une dimension strictement industrielle et relever les défis de l’accélération du déploiement d’un mélange de technologies dont les niveaux de maturité restent hétérogènes ». Un langage policier pour souligner que certaines des technologies inclus dans les simulations n’existent qu’au stade des projets ou des prototypes à petite échelle. Les présenter comme un moyen de définir le système « optimal » est donc trop optimiste.

La majorité de ces simulations donnent des résultats décevants pour les partisans des systèmes exempts d’énergie nucléaire (ici MIT), en grande partie en raison de la baisse de la valeur économique de l’électricité intermittente au-delà d’un pourcentage d’environ 30% dans le système. D’autres, comme ceux publiés (ici dans Energy revue et dans Energy Economics) par des économistes du CIRED, affirment qu’il est possible d’avoir un système décarbonisé sans énergie nucléaire pour la France en 2050 pour répondre aux besoins en électricité sans augmenter son coût. Ils ont critiqué de nombreux aspects des hypothèses de leur modèle par d’autres économistes de l’énergie.

7- ENRI et nucléaire, qui est le plus cher ?

L’intérêt « académique » de ces études est évident. Mais en tant qu’aide à la prise de décisions politiques, elles sont de peu d’utilité. Ce n’est pas très agréable pour les économistes qui le font, mais c’est la principale conclusion que nous en tirons. Le paradoxe – je reviendrai sur cela – est qu’ils sont peu d’utilité pour décider s’il faut ou continuer à décider de l’option ENR à 100 % et en particulier pour l’affaire française.

Un système ENR 100% pour le cas français, sera très coûteux. Au futur appelant, pas au conditionnel. Parce que la voie qui y mène passe désormais par des subventions massives pour l’énergie éolienne et solaire, calculées à 121 milliards d’euros pour les seuls contrats déjà conclus avant 2017 par la Cour des comptes, pour une production d’environ 3 % du total. Quelle que soit la baisse future des coûts de l’énergie solaire et éolienne, qui trouvent leurs limites, elle n’effacera jamais ces 121 milliards de dollars.

La variabilité de la production d’électricité par les éoliennes est bien représentée par ce graphique. Avec une capacité installée de Les éoliennes de 17 368 MW (ainsi près de 17 réacteurs nucléaires de 1 GW) sur le territoire métropolitain français affichent une puissance à un instant allant de 211 MW à 13 400 MW en novembre 2020, un mois d’automne généralement favorable pour l’énergie éolienne. La vitesse des variations (quelques heures) et leur amplitude (13 000 MW), entièrement décorées de consommation (en heures et jours de la semaine) des moyens de compensation (back up) égale à ces variations ou de réduire la consommation du même taux et au même taux. (RTE source). Un tel système électrique suppose une capacité de production bien supérieure à la consommation maximale (sinon il n’est pas possible de stocker suffisamment pour compenser les périodes de production trop faibles ou nulles). Cependant, la valeur économique de l’électricité produite de cette façon (quelle que soit la moyenne) tombe à zéro quand elle dépasse la consommation, car il n’a pas d’acheteur, à moins que l’on puisse stocker 100% du surplus et ensuite le réutiliser (mais avec un perte d’énergie due à l’efficacité de conversion, donc financière, à chaque opération). Cette baisse à zéro de la valeur économique de l’électricité produite n’est pas un lubie de théoricien économique, cette situation se produit déjà fréquemment en Allemagne en cas de vents forts et de faible consommation et entraîne des prix négatifs sur le marché européen de gros. Enfin, un réseau plus coûteux que le réseau actuel, grâce à un système de production alimenté par quelques dizaines de sites de production puissants et bien répartis dans tout le pays.

Prix négatifs de l’électricité sur le marché au comptant le mardi 21 avril 2020 à 14h. Le coût de l’énergie nucléaire future n’est pas fixe. Il peut être bon marché et très compétitif (le cas du parc français actuel, le cas du parc chinois actuel). Il peut être très coûteux (cas de Flamanville 3, mais aussi de tout autre chantier défaillant ou réacteur exploité trop peu de temps (Superphénix à Creys-Malville). Tout ingénieur débutant connaît la raison : cette industrie très lourde a besoin de séries pour contrôler et réduire ses coûts. L’outil de production pour les composants principaux ne peut être amorti que par série. Les chantiers de construction ne peuvent réussir que s’il y en a beaucoup, ce qui permet l’apprentissage. La démonstration a déjà été faite de ces deux cas (faible coût, coûts élevés), en France et ailleurs dans le monde. Ce qui déterminerait un faible coût du nucléaire français… serait d’abord la décision politique de construire 25 EPR, construits par paires. Les construire avec un compte-gouttes garantirait, à l’inverse, un coût élevé. Une gestion raisonnable de la construction ne nécessiterait aucune subvention, comme c’était le cas pour le parc actuel.

Le coût de la première option, le renouvellement silencieux, planifié sur 20 ans, en utilisant uniquement les sites actuels, et financé par des prêts à des taux très bas en vigueur aujourd’hui, n’a aucune raison d’être très différent de la flotte actuelle, si faible. En ce qui concerne le coût du nucléaire total système, il peut être égal ou moins. Pourquoi ? Parce que les coûts du combustible seront plus faibles (l’enrichissement des isotopes fissiles à Georges Besse-2 consomme 90 % d’électricité en moins, représente donc une économie égale à la non-construction de réacteurs nucléaires de 2,5 900 MW et à leur production par rapport au coût historique de la flotte actuelle). Parce que l’appareil industriel pour la fabrication du combustible et son retraitement à La Hague est déjà construit.

Paradoxe final : selon les simulations d’économistes, il est également peu utile pour un militant antinucléaire ou un gouvernement qui a décidé de ne pas utiliser cette énergie parce qu’ils pensent que l’accident avec une radioactivité massive est inévitable. Parce que le coût total d’un tel accident survenu à Belleville ou au Tricastin serait tel — des centaines de milliards d’euros — que l’option ENR 100%, même très coûteuse, serait de toute façon moins chère. En d’autres termes, si nous pensons que c’est la raison pour laquelle l’énergie nucléaire doit être arrêté, il suffit de prendre les calculs effectués à l’IRSN sur le coût d’un tel accident pour démontrer que l’option non nucléaire est rentable. Il n’est pas nécessaire de se lancer dans une modélisation sophistiquée et spéculative d’un système électrique hypothétique 2050. L’ironie du cas est que si un politicien, un activiste ou un économiste spécialisé estime qu’il a besoin d’une telle démonstration par une simulation d’un système ENR 100%… c’est donc qu’il ne croit pas vraiment à l’inévitabilité de l’accident avec la diffusion massive de la radioactivité.

8- Quelle est la question ?

Le débat politique et citoyen tourne donc autour de l’accident majeur avec propagation massive de la radioactivité (si vous n’avez pas cette propagation, vous avez l’accident de TMI en 1979 aux États-Unis, dont le noyau du réacteur a fusionné).

Si vous considérez que cet accident est inévitable, alors vous avez besoin d’exiger une sortie rapide de l’énergie nucléaire et à tout prix. Toute autre attitude est incohérente. Et vous devez immédiatement commencer à construire un système électrique 100% ENR. Ou avouez que vous comptez sur le gaz importé si vous ne le produisez pas non seulement pour votre système électrique, mais surtout pour votre consommation totale d’énergie (c’est la solution des Allemands qui se donnent les moyens, surtout avec le gazoduc Nord Stream 2 construit sous la mer Baltique malgré la veto).

Si vous considérez que les moyens déployés pour prévenir un tel accident par l’exploitant des centrales sont efficaces, que la surveillance par l’Autorité de sûreté nucléaire est fiable et que ce danger ne se réalisera pas, alors vous pouvez comparer les avantages et les inconvénients des deux options. L’option qui repose sur le système électrique français sur une base nucléaire — avec un pourcentage pouvant varier entre 50 et 75 % du total — offre un équilibre entre avantages et inconvénients connus. Il permet la décarbonisation de l’économie et de la vie quotidienne à un coût raisonnable. Il permet un très long terme (plus de 1000 ans) de ressources et l’indépendance du point de vue des réacteurs à neutrons rapides utilisant le stock actuel d’uranium appauvri. Il permet d’économiser des espaces naturels et des ressources minérales car il utilise moins d’acier, de béton et d’autres matières premières que la piste ENR. D’autre part, il s’agit de maintenir un haut niveau d’expertise et de surveillance de la sûreté et d’une gestion rigoureuse des déchets nucléaires ultimes, y compris de leur décharge géologique, solution adoptée par tous les pays confrontés à ce problème.

Indépendamment du choix français, l’électricité à base d’énergies renouvelables (hydroélectricité, éolienne, solaire, géothermique, biomasse…) et nucléaire poursuivra sa croissance dans le monde entier, probablement préservée, mais avec des mélanges très différents selon les pays. Avec moins de 1% de la population mondiale, la France ne peut déterminer l’avenir de toute technologie. La technologie nucléaire sera écrite principalement en Chine, aux États-Unis, en Russie et en Inde.

SylvestreHuet

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